Agriculture biologique et Biodynamie

Le Domaine de Montille pratique la culture bio de puis 1995 et le Château de Puligny-Montrachet depuis 2002.

Rencontre avec Pierre Clair, chef de culture.

Depuis son arrivée au domaine de Montille, en 2003, après un BTS viticulture-œnologie au CFPPA de Beaune en 2002, Pierre Clair travaille sans relâche pour que le sol et la vigne continuent à reprendre leurs droits. À tel point qu'aujourd'hui, à l'écouter, les plantes retrouvent force et équilibre pour mieux lutter contre le stress et les maladies... elles ont beaucoup moins besoin de lui... enfin presque.

La Bourgogne passe progressivement du « tout chimique » au 100 % naturel, dans quelle voie est engagée le domaine de Montille ?
La bio signifie le banissement de toute molécule chimique de synthèse qui ne se trouve à l'état naturel (hors sulfate de cuivre), c'est-à-dire s'interdire d'utiliser les engais chimiques, les déserbants, les pesticides et les fongicides de synthèse.
En 20 ans (1985 – 2005), le Domaine est passé en bio et même en biodynamie depuis 2005. Le millésime 2011 sera d'ailleurs le premier millésime certifié bio puisque c'est une démarche très longue avant d'obtenir une telle certification. Je suis très content de travailler dans un domaine conscient des enjeux environnementaux. Pour ma part, j'ai toujours été intimement convaincu que l'on pouvait revenir à quelque chose de simple et de sain. La rencontre avec Étienne de Montille en 2003, n'a fait qu'accélérer les choses : il avait envie d' appronfondir la démarche bio et faire évoluer le domaine vers la bio-dynamie, et moi, cette orientation, c'était mon credo.

Qu'est ce que la culture bio et la biodynamie ?
Cultiver en bio c'est s'interdire d' utiliser d' herbicide, d'engrais chimique, de pesticides et de fongicides qui soient des molécules chimiques de synthèse. C'est la véritable rupture avec l' ariculture traditionelle

La Bio-dynamie c'est la culture bio PLUS :
PLUS des préparats qui sont censés favoriser et dynamiser le comportement de la plante dans son environnement ;
PLUS d'attention aux cycles naturels de la plante et aux phases lunaires pour travailler en harmonie avec ces cycles, diminuer les intrants, et renforcer la plante afin qu'elle donne les meilleurs raisins
PLUS d'attention aux rythmes et phases du vin en cuverie et en cave

Notre approche de la biodynamie est pragmatique, c'est une technique agricole et pas une « religion »

Comment s'est déroulée cette transition au domaine de Montille ?
Nous ne sommes pas partis de zéro. En effet, les vignes étaient déjà « saines » car les sols ont toujours été labourés, donc pas de désherbants. Ensuite, en 1985, le domaine arrête les engrais chimiques et passe au compost. Enfin, le grand saut s'effectue en 1995 quand Etienne, qui est nommé co-gérant, décide de ne plus utiliser de pesticides et fongicides de synthèse. Mais pendant une première période de trois ans, nous avons banni l'utilisation d'engrais, on a véritablement purgé les sols. Petit à petit, on a intégré du fumier de cheval et des composts végétaux chaque automne pour améliorer la structure des sols. Il s'agit de réoxygèner le sol, pour lui redonner un second souffle et voir la vie reprendre ses droits dans le sol. Et au final on obtient un développement plus homogène des plantes, et moins de dégénérescence. Les plantes se débrouillent toutes seules, naturellement.

La biodynamie, vous pouvez nous expliquer ce que cela implique ?
Nous voulions « gommer » les erreurs du « progrès ». Trouver des solutions pérennes, respectueuses de la planète, renouer avec un cercle vertueux, à long terme. Mais ce n'est pas toujours évident de lutter contre l'économie de marché et les grands groupes. Mais quand je vois des lapins revenir dans les vignes, ça me réconforte ! On va essayer d'aller le plus loin possible, chaque année, on expérimente de nouvelles choses. Parfois, il faut bien le dire, c'est un véritable coup de poker : un orage peut tout dévaster en un instant. Mais dès qu'on a une équipe qui tourne bien, on se lance. On se lève tôt le matin, on rentre parfois tard, très tard ! Le travail de l'homme, l'expérience et le savoir-faire, c'est finalement ça le plus important.

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